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Très curieux des nouveautés techniques de son temps, il se lança avec passion dans le monde des ballons. En 1858, il réalise la
première photographie aérienne de Paris, depuis un "vol captif" à 80 mètres d'altitude, au-dessus du Petit-Bicêtre (actuel Petit-
Clamart). Il est obligé d'alléger au maximum et ne peut embarquer sa guillotine horizontale.
Les aventures de Nadar inspireront Jules Verne pour Cinq semaines en ballon écrit en 1862. Un des héros de De la Terre à la
Lune et Autour de la Lune — romans parus en 1865 et 1869 — s'appelle d'ailleurs Michel Ardan, anagramme de Nadar.
Voici comme Jules Verne le décrit :
« C'est un homme de 42 ans, grand, mais un peu voûté déjà, comme ces cariatides qui portentdes balcons sur leurs épaules. Sa tête forte, véritable hure de lion, secouait par instants unechevelure ardente, qui lui faisait une véritable crinière. Une face courte, large aux tempes,agrémentée d'une moustache hérissée comme les barbes d'un chat et de petits bouquets unpeu égarés, un regard myope, complémentaient cette physionomie éminemment féline. »
En 1863, il fonde la Société d’encouragement de la navigation aérienne au moyen du plus lourd que
l’air. Il fait construire un immense ballon, « Le Géant », haut de 40 mètres et contenant 6 000 m³ de gaz.
Le 4 octobre, le premier vol du Géant a lieu à Paris avec 13 personnes à bord. Le ballon perd rapidement
de la hauteur et atterrit à Meaux, à moins de 100 kilomètres de Paris. Il repart le 18 octobre avec sa
femme. Dans les environs de Hanovre, le ballon atterrit durement et est entraîné sur 16 kilomètres. Nadar
et son épouse sont grièvement blessés. Elle reste hémiplégique. D'autres tentatives auront lieu mais sans
le succès public escompté, or les passagers devaient lui permettre la rentabilité de l'affaire. Nadar doit
donc arrêter l'aventure du Géant par manque d'argent.
Il fonde en 1867 avec d'autres passionnés comme lui, la revue L'aéronaute.
En 1870-1871, lors du siège de Paris par les Allemands, il constitue de son propre chef la « Compagnie
d’Aérostiers » avec Camille Legrand (dit Dartois) et Jules Duruof dont le but est la construction de ballons
militaires pour les mettre à la disposition du gouvernement. Ils établissent un campement sur la place
Saint-Pierre, au pied de la butte Montmartre, où naît la poste aérienne du siège. Les ballons permettaient
de surveiller l’ennemi, d’établir des relevés cartographiques et également d’acheminer du courrier.
Nadar baptise ses ballons : le George-Sand, l’Armand-Barbès et le Louis-Blanc. C'est à bord
de l’Armand-Barbès que Léon Gambetta, ministre de l’Intérieur, quitte Paris le 7 octobre 1870 pour
regagner Tours afin d'y organiser la résistance à l’ennemi.
Au total, 66 ballons seront construits entre le 23 septembre 1870 et le 28 janvier 1871 qui transporteront
11 tonnes de courrier, soit 2,5 millions de lettres. Cinq des ballons seront capturés par l'ennemi. Cette
première fabrication en série d'aéronefs, marque officiellement la naissance de l'industrie aéronautique.
Deux « usines » avaient été installés dans les gares de chemin de fer réquisitionnées : les frères Godard
à la gare de Lyon et Dartois et Yon à la gare du Nord.
À la chute du régime de Napoléon III, il installe «révolutionnairement» sa société dans la quartier de
Montmartre sur la place Saint-Pierre4 même. Avec deux engins, le «Neptune» et le «Strasbourg», il sera
chargé d'étudier les déplacements de l'ennemi.
Date de dernière mise à jour : 19/12/2011